Nous traversons un paysage peint en blanc tandis qu’à chaque pas, nous entendons le délicat craquement des minuscules cristaux de glace se brisant sous nos pieds. Ce son, doux et en même temps quelque peu grinçant, est curieusement des plus agréables. Nous avançons en file indienne, avançant à l’unisson sans hâte, mais sans pause, tandis que la faible lumière hivernale nous réconforte autant qu’elle peut l’être en cette période : à 20 degrés sous zéro, le froid rend l’exploit pas du tout facile. Au moins, oui, nous portons des raquettes et des bâtons.
À la tête de cette délégation particulière se trouve Esa, notre guide Ylläs Experiences. Un jeune homme bavard et passionné par sa terre qui parvient à nous contaminer et à nous émouvoir à parts égales par son histoire et son désir de la partager avec le monde. Tout autour, le paysage brille, immaculé, entre cimes enneigées et rivières gelées. « 75 % de la Finlande est couverte de forêts, et certaines des plus anciennes, vieilles de plus de trois mille ans, se trouvent ici, à Ylläs », révèle-t-il.
Aux confins de la Finlande
Il y a quelques heures à peine, nous débarquions, après une courte escale à Helsinki, dans cette région finlandaise unique qui s’étend jusqu’aux confins du pays. Un endroit isolé où l’air est le plus pur du monde et où les journées, en hiver, ne durent que quatre heures. Nous sommes plus précisément à 115 kilomètres plus au nord du cercle polaire, et à environ 200 kilomètres de Rovaniemi. En mettant les pieds dans ce petit coin de Scandinavie, nous avons pensé que la meilleure façon de commencer à explorer le terrain était d’explorer le parc national Pallas-Yllästrunturi, le troisième plus grand de Finlande. Oui, nous sommes venus pour tout donner.
Sachant qu’Ylläs ne compte que 1 200 habitants qui vivent en permanence dans la région, il est logique de penser que croiser d’autres voisins au milieu de la forêt ne sera pas le plus courant. Grosse erreur : la passion de ces régions pour la pratique des activités de neige a conduit à l’existence d’un vaste réseau de sentiers qui couvre, remarquez, 500 kilomètres dédiés au ski de fond, et autant aux motoneiges, à la randonnée ou au traîneau à chiens. Des routes plus fréquentées qu’on ne pourrait l’imaginer dans lesquelles des panneaux, comme s’il s’agissait d’une autoroute, avertissent quel moyen de transport est prioritaire. Un univers parallèle autre que celui des voitures.