De Marbella à Madrid pour près de mille euros : les itinéraires (et curiosités) de la nouvelle carte de mobilité en Espagne

La mobilité en dit beaucoup plus sur un pays qu’il n’y paraît. Non seulement leurs distances ou leur géographie, mais aussi leurs rythmes, leurs horaires et les situations – parfois pratiques, parfois exceptionnelles – qui poussent quelqu’un à parcourir des centaines de kilomètres pour atteindre une destination. La première analyse annuelle d’Uber sur les dossiers et les habitudes de mobilité pour 2025 en Espagne fonctionne exactement comme ce portrait : une succession de chiffres spécifiques qui, lus ensemble, aident à comprendre comment nous nous déplaçons sur le territoire espagnol.

Les données les plus marquantes

Le fait le plus frappant est le prix : 964,77 €. C’était le tarif du voyage le plus cher réalisé avec la plateforme technologique qui reliait Marbella à Madrid. Près de mille euros pour relier deux points séparés de près de 600 kilomètres et cela, au-delà du montant exceptionnel, reflète à quel point le véhicule avec chauffeur a également été intégré aux déplacements longue distance.

Si le coût établit l’un des records, la distance en établit un autre tout aussi convaincant. Le plus long voyage enregistré l’année dernière couvrait 636,67 kilomètres et reliait Madrid à Lisbonne. Une connexion internationale qui montre comment les frontières administratives ne constituent pas toujours une limite en matière de mobilité à la demande, notamment dans des contextes de travail, de longs transferts ou de besoins très spécifiques des utilisateurs.

Le rapport confirme également la portée internationale des déplacements sur notre territoire. En 2025, Uber a enregistré les déplacements effectués par des utilisateurs de 139 nationalités différentes. Parmi ceux qui ont le plus utilisé ses services, se distinguent les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie, une liste qui coïncide avec les principaux marchés touristiques en Espagne.

Plus d’une centaine de nationalités différentes ont utilisé Uber.

Dimension humaine

Mais tous les jalons ne sont pas mesurés en euros ou en kilomètres. Certains parlent de la dimension humaine du voyage. En 2025, le pourboire le plus élevé enregistré en Espagne était de 88,31 €, délivré après un voyage entre Madrid et Grenade. Le conducteur, Juan, attribue ce geste à des facteurs qui vont au-delà de la conduite. « Je pense qu’ils ont vraiment apprécié le traitement attentif, la conversation et l’attention aux détails : être bien habillés, la voiture propre et rendre un si long voyage agréable. Ensuite, je suis resté manger à Grenade, j’ai vraiment apprécié », explique-t-il. Un rappel de l’importance de la relation personnelle entre ceux qui conduisent et ceux qui voyagent.

Parmi les profils présentés, des noms propres apparaissent également. María a été la passagère la plus active, avec 1 556 voyages effectués. Au volant, Rubén, chauffeur VTC, a clôturé l’année 2025 avec 8 448 déplacements effectués et 90 552,39 kilomètres parcourus.

Avec mobilité et trahison

Une autre tendance laissée par l’analyse concerne les horaires. Environ 20,91% des déplacements effectués ont eu lieu la nuit, entre 23 heures et cinq heures du matin. Santander arrive en tête du classement des villes les plus noctambules, suivie par Bilbao et Ibiza, trois destinations aux profils très différents, mais avec une vie nocturne intense. A eux s’ajoutent Alicante, Valence, Saragosse, Murcie, Grenade, Pontevedra et Barcelone.