Une autre Valence : guide pour les amoureux de l’architecture la plus fascinante (et inattendue) de la ville

Mais les voisins ont résisté. Et ils l’ont fait en se réunissant dans un ancien abattoir, un petit bâtiment qui, comme le reste du lieu, était en train de s’effondrer. Là, ils ont programmé un festival de théâtre dans lequel les maisons étaient le théâtre, afin que l’on puisse comprendre de l’extérieur l’importance d’abandonner cet espace conquis sur la mer depuis le XIXe siècle. Ces rues parallèles à la Méditerranée où les pêcheurs avaient construit de leurs propres mains des maisons colorées, abritant les générations successives. Il y avait aussi les demeures seigneuriales où la bourgeoisie passait ses étés, les rues piétonnes où se retrouvaient les amis et les bars habituels. Tout cela, pensaient les voisins, devait être protégé.

Salvem el Cabanyal y est parvenu, non sans combat, et aujourd’hui, cet abattoir est l’accueillant Centre Culturel Escorxador de València, qui conserve l’essence de ses origines et les traces de la plate-forme qui l’occupait. La rénovation lumineuse et humaine est l’œuvre de David Estal, Tato Herrero et Boris Strzelcyk, et accueille ateliers, concerts, spectacles, colloques, projections de films, foires, expositions… Beaucoup tournent autour de l’histoire et du présent de ce quartier qui, comme tant d’autres, est désormais confronté à un nouvel ennemi : la gentrification.

À propos : à côté du CC Escorxador se trouve le Centre Civique Culturel Cabanyal-Canyamelar, récemment inauguré, par MCP Arquitectura, dont la forme rappelle la caserne disparue de Poble Nou de la Mar. Il est organisé en sept espaces parallèles, chacun abritant un espace spécifique d’éducation et de coexistence de quartier.

El Cabanyal et El Grau, connus sous le nom de Poblats maritims, possèdent d’autres points architecturaux qui reflètent l’histoire de la région, comme le théâtre pour enfants La Estrella, qui, avec sa façade bleue distinctive, a réussi à plusieurs reprises à contourner les longs tentacules de la spéculation, devenant ainsi une icône pour les plus petits pendant 25 ans. Ou le marché de Grau, récemment réhabilité par Tomás Llavador Arquitectos e Ingenieros SL dans le cadre d’une réforme qui, après des décennies de décontextualisation urbaine, l’incorpore dans la parcelle, lui donnant des espaces ouverts.