« Après Kim », Benidorm comme paysage de deuil et de seconde chance

« D’après ma mère, j’ai passé le premier été de ma vie quand j’étais bébé à Benidorm », raconte Ángeles González-Sinde, et avec cette simple phrase elle explique pourquoi elle a choisi Après Kim (sortie en salles le 24 avril) dans la ville des gratte-ciel d’Alicante. En pensant à elle, aux espaces qu’elle connaissait, à son environnement, elle a écrit en 2019 le roman qu’elle adapte aujourd’hui elle-même et transforme en film avec Darío Grandinetti et Adriana Ozores. Et dans lequel il est revenu à l’écran dans les mêmes recoins qu’il avait imaginés sur papier.

Après Kim est l’histoire d’un couple qui, séparé depuis des années, est contraint de se réunir lorsqu’il apprend le décès de sa fille (Kim), dont ils s’étaient également séparés, dont ils ne savaient rien, sauf qu’elle vivait à Benidorm. Dans le roman, c’est un couple anglais, dans le film, elle est espagnole (Adriana Ozores) et lui est argentin (Grandinetti), mais ils vivent tous les deux à Buenos Aires. C’est l’un des principaux changements apportés par González-Sinde, écrivain, cinéaste et ancienne ministre de la Culture, dans son adaptation.

« Il a été beaucoup plus facile de s’adapter à moi-même, naturellement. Je n’ai eu aucun scrupule à changer, omettre, modifier… Il y a beaucoup de différences », précise-t-elle. « Le roman se déroule sur deux lignes temporelles. Nous rencontrons le couple dans le présent, comme dans le film, mais ensuite nous alternons avec le passé, depuis le moment où ils se rencontrent à l’université et tombent amoureux jusqu’à leur divorce. Dans le film, cette structure ne fonctionnait pas et il n’y avait pas de temps pour la développer. J’ai dû approfondir les personnages et leur relation d’une manière différente. »

Après Kim