« C’est toujours l’hiver », sur le passage perceptible du temps

Au cours d’une année, C’est toujours l’hiver (sortie en salles le 7 novembre), nouveau film de David Trueba, qui adapte ici son roman Blitz. Certaines choses ont changé chez elle. Pour commencer, le titre, bien sûr. Et pour continuer, le lieu, les espaces dans lesquels évolue son protagoniste Miguel (David Verdaguer), un architecte paysagiste qui met tous ses espoirs dans le projet de parc qu’il soumet à un concours international.

L’histoire commence là, Miguel arrivant au concours. Dans le roman, le lieu était Munich (et son nom était Beto). Dans le film, la ville est Liège. Miguel arrive en serrant la petite urne qui contient son parc, un parc est en soi une réflexion sur le temps. Un parc avec des sabliers à regarder sans se presser. Peut être. Il y arrive également avec sa petite amie, Marta (Amaia Salamanca). Ils vont à l’hôtel, ils vont à la présentation, ils vont manger un kebab et elle le quitte. Elle le quitte pour son ancien petit ami. Et au lieu de rentrer avec elle à Madrid, Miguel décide de rester, sans savoir pourquoi, ni combien de temps, ni comment, à Liège.

«Au moins, tu me laisses dans ce décor incomparable», lui dit Miguel, glacé de froid, dans cet endroit gris. « Ce parc qu’on appellera ‘le parc des arbres tristes’ », insiste-t-il car tout lui semble triste à ce moment-là. Et c’était de cela qu’il s’agissait. Que la ville où Miguel est enfermé était froide et triste.

« Quand nous avons commencé à parler du lieu où se déroulerait le film, David (Trueba) m’a dit qu’il n’était pas tellement intéressé par le fait que ce soit Munich, mais par le fait que ce soit une ville d’Europe centrale, dans laquelle on parle une autre langue, et qu’il fait un peu plus froid, qu’il n’y a pas de chaleur, qu’elle est loin de la Méditerranée, une ville avec ce côté un peu plus inhospitalier », se souvient le producteur Edmon Roch, qui avait également travaillé avec Trueba sur Celui-là, ils le connaissent. Le manque de moyens de tournage en Allemagne les a amenés à se tourner vers la Belgique, un pays où même le cinéma français va tourner en extérieur comme s’il s’agissait de Paris.

C'est toujours l'hiver