L’impulsion d’écrire naît parfois d’états différents. Parfois cela vient d’une obligation, d’autres fois de l’inspiration quotidienne de faire la vaisselle, d’attendre à l’aéroport ou de l’intimité éphémère d’un logement. Et quelques-uns, de tout ce qui surgit d’un lieu ou d’une destination où une nouvelle perspective vous envahit.
Peu importe qu’il s’agisse d’un « hôtel d’écrivains » ou d’une rizière dans le delta du Mékong, qu’il soit isolé ou urbain, ou que vous commenciez à l’écrire à la main parce qu’il n’y a pas d’Internet. Pas même ce qui en ressort : parfois ce sera le début d’un livre, d’une carte postale, d’autres fois celui d’un article et, parfois, le début de lettres inachevées envoyées à un destinataire qui, pendant votre voyage, était toujours loin mais proche.
Et cela provoque diverses émotions.
Désorientation : depuis Hong Kong, 26 mars
Cher Toi :
« Je me suis réveillé à nouveau à 14h30. J’ai oublié de mettre un jean, comme l’indique le dress code de cet hôtel luxueux au cœur de Hong Kong. Après m’être caché derrière des paravents et des chasseurs, j’ai atteint une terrasse où je pouvais fumer une cigarette seul devant l’imposant horizon. Et je cligne encore des yeux. Peut-être qu’avec toi c’est comme ça décalage horaire: mon esprit atteint toujours le nouveau port alors que mon corps habite encore les steppes bleues pour la lune, ton dos, autant d’endroits déjà lointains.