Toute l’Espagne connaît (ou du moins devrait) la fameuse vidéo diffusée sur Animaux errants en 2006. Encarnita, la petite-fille du découvreur d’un supposé baptistère à Las Gabias (Grenade), était enthousiaste à l’idée de le montrer devant les caméras. Mais le moment le plus célèbre de la vidéo est celui où Encarnita a crié sur les toits : « Qui n’aimerait pas un baptistère romain du Ier siècle ? »
Cependant, cet édifice n’a jamais été un baptistère, mais plutôt un cryptoportique romain qui n’a rien à voir avec l’édifice utilisé pour célébrer le baptême. Conscient de l’erreur provoquée par la diffusion de la vidéo, de Condé Nast Traveler Nous vous proposons de découvrir les véritables baptistères et de les inscrire sur votre liste de prochaines destinations.
Baptistère du Latran, Rome (IVe siècle)
Il ancêtre homo De tous les baptistères, il est situé au sommet de la colline Caelienne, à côté de la première église de Rome et aussi de sa cathédrale : la basilique Saint-Jean de Latran. A l’écart des circuits touristiques habituels, sachez qu’à quinze minutes à pied du Colisée se trouve le premier baptistère de l’histoire, construit par l’empereur Constantin le Grand durant les premières décennies du IVe siècle.
Son extérieur n’attire guère l’attention du côté de la basilique et à côté de l’une des avenues les plus fréquentées de Rome. Cependant, le baptistère du Latran fut l’un des premiers sites chrétiens de Rome. Sa forme octogonale inspirée du Saint-Sépulcre de Jérusalem marquait le canon à suivre pour les futurs édifices dédiés au baptême, et les Romains se faisaient baptiser dans son bassin après la cessation des persécutions ordonnée par l’empereur Constantin en l’an 313.
Le baptistère était tellement apprécié qu’il dut être agrandi au Ve siècle pour construire des chapelles ornées de certaines des plus belles mosaïques de Rome. Au Moyen Âge, le Latran était la résidence du pape et des artistes venus de Byzance étaient chargés d’embellir le baptistère. Le transfert de la résidence papale au Vatican au XIVe siècle fit oublier le Latran et son baptistère, mais il est encore possible de l’admirer au sommet du Celio pour comprendre les origines chrétiennes de Rome et de son empire.
Baptistère Saint-Jean, duomo de Naples (IVe siècle)
La Naples d’aujourd’hui, la ville vibrante qui bouge au rythme de Nu Genea, est l’un des endroits les plus cosmopolites d’Italie. Ouverte depuis l’Antiquité aux influences venues de tous les coins de la Méditerranée, elle conserve encore l’essence de la Naples romaine qui accueillit l’arrivée du christianisme grâce aux communautés d’Égyptiens, d’Africains, de Grecs et de Syriens qui peuplèrent cette petite tour de Babel.
