CHAMBRES
Parmi les 43 chambres, dont neuf suites, les plus recherchées sont et seront celles qui donnent sur la Cathédrale, comme c’est logique. Sans oublier pendant la Semaine Sainte : ses balcons promettent de nous offrir d’innombrables cartes postales. Au delà, d’une taille comprise entre 26m2 –la soi-disant Cathédrale Supérieure et Supérieure–, 65m2 –Suite El Marqués– et 70 m2 –La suite La Giralda et la suite Casa de Dávila– recherchent toutes la chaleur habituelle de la collection Serras à travers de grands espaces, de hauts plafonds et une palette de couleurs qui rappelle, bien sûr, Séville. Parce que Séville est de couleur albero et vous le saviez, mais aussi verte et aussi almagre, cet ocre rougeâtre qui en arabe hispanique se traduit par « terre rouge ».
Eva Martínez, décoratrice d’intérieur habituelle de Serras, signe ici son œuvre la plus organique : sans cesser d’être très contemporaine, elle se jette à corps perdu dans l’imagerie sévillane d’une manière aussi consciente que subtile. Vous le verrez dans les franges des rideaux, des lampes et des appliques murales, dans les textiles aux dessins végétaux qui rappellent les caireles, dans la céramique émaillée à la main qui fait office de tête de lit et aussi dans le carrelage vertical et en relief des salles de bain, clin d’œil évident au mauresque. De plus, on y retrouve une sorte de hammam modernisé – les lavabos, les suites avec baignoire – qui véhiculent la même sensation de bien-être.
Les matelas, fabriqués à la main avec des matériaux naturels – crin, lin, laine et coton vierge – et hypoallergéniques, proviennent de la société espagnole Sivana, créée par l’ancien footballeur Miguel Serna. Spoiler : dès que vous vous allongerez, vous aurez envie de le ramener à la maison. Les draps, à bordure blanche et en coton 400 fils, proviennent de Bassols. Équipements de la collection Diamond de Natura Bissé, sèche-cheveux et lisseur GHD, bateau à vapeur matériel de repassage rapide, thés Jing, cafetière Illy, minibar avec spiritueux premium, softs et champagne Ruinart, TV Smart LED HD par satellite, choix d’oreillers et… détail important : la domotique est très simple, avec des options d’éclairage par heure et par zone, ainsi qu’une climatisation personnalisée.
GASTRONOMIE
Le lobby, avec ses canapés et fauteuils aux tons sable et séquoia et ses imprimés andalous, on dirait presque Lorca, ses tables en terre cuite et ses détails comme l’imposante tapisserie de l’artiste Mariadela Araujo qui préside le mur de la façade, est une invitation à découvrir les pantones de Séville sous un autre angle. Ici, vous serez accueillis avec un cocktail de bienvenue et une friandise présentée dans une délicate grenade peinte à la main par Armando, dont la boutique-atelier est très proche de l’hôtel. Allez le visiter et… achetez tout.
Juste à côté du hall, avec une entrée séparée également de la rue, Fismuler, le restaurant à succès de Nino Redruello où tout le monde veut aller à Madrid et à Barcelone, ouvre ses portes dans la capitale andalouse avec la même attente. Ce n’est pas seulement le restaurant de l’hôtel et le lieu où est servi le petit-déjeuner, mais aussi une manière d’ouvrir Serras Sevilla aux Sévillans avec des classiques déjà à leur carte comme le muffin aux oreilles brava, la zamburiña au kimchi et mayonnaise au chou frisé, la carbonara de calamars – à répéter sans retenue –, le riz rouge crémeux au crabe frit et, bien sûr, sa très célèbre escalope de San Román. Laissez place non seulement au cheesecake, considéré comme l’un des meilleurs d’Espagne, mais aussi à l’addictif coulant à la pistache.
Parmi tant de monumentalité, cela peut passer inaperçu, mais l’agréable patio intérieur, avec des chaises du designer espagnol Albert García Llongarriu, de Lobster’s Day, et inspiré des patios typiquement andalous – fontaines au clin d’œil mudéjar et orangers inclus – vaut longtemps. Avec un accès exclusif aux clients, il s’appelle El Patio, bien sûr, et c’est ici que l’on retrouve le menu classique de l’hôtel… ici avec la touche de Nino : un steak tartare avec des churros à la place des pommes de terre, des anchois à la tomate, des coquilles Saint-Jacques savoureuses, un carpaccio de daurade mi-salée, des croquettes et un très bon club sandwich. Menu également disponible pour le service en chambre.
Nous continuons dehors. Séville se vit dans les airs. Mais maintenant nous sommes arrivés à Almagra Rooftop, du nom de la couleur rougeâtre de la terre sévillane. Et ici, il n’y a plus de mots car votre bouche restera ouverte (en fait elle l’a été) devant une telle vision. L’imposante Cathédrale et sa Giralda semblent avoir été placées là pour vous, boum, ornées également du minaret coloré d’Aníbal González. Le toit dispose d’un espace avec des hamacs et d’une petite piscine à l’usage exclusif des invités et d’un autre avec accès également aux non-invités et disponible pour des événements. Excellente carte de cocktails (essayez-en un inspiré, encore une fois, de la culture sévillane) et de snacks pour prolonger l’admiration au coucher du soleil.
Le petit déjeuner est servi à table avec une première sélection de cafés, jus et infusions, fruits, beurre maison avec zeste de citron vert et confiture de pêches maison, corbeille de pains, jambon et longe ibérique, fromage, tomate et huile. A la carte, vous pouvez commander d’une omelette espagnole juteuse à un sandwich bikini avec du pain brioché, de la mortadelle aux truffes, du cheddar et du praliné à la pistache. Également des œufs à déguster avec une recommandation (en fait une commande), surtout si vous venez de loin : laissez de côté les bénédictins ou les florentins et optez pour les œufs flamenco, avec jambon ibérique, rôti de poivrons et regañá sévillane. Les friandises, que vous verrez présentées sous forme de buffet, comprennent des croissants et des napolitains au chocolat, cookiesyaourts, gâteaux, piononos et, bien sûr, les tourteaux d’Upita de los Reyes et les tranches de cidre de Horno Nueva Florida. Encore une fois… donc Séville.
À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTEL
Saúl Canal, directeur général, est arrivé avec un enthousiasme débordant à Serras Sevilla non seulement pour gérer l’hôtel, mais aussi pour vous ouvrir les portes de la ville. C’est pourquoi vous pouvez compter sur lui et son équipe – pour la plupart des jeunes locaux qui transmettent constamment leur joie pour ce projet – si vous voulez découvrir une autre Séville. Même si vous y êtes déjà allé. N’oubliez pas que Séville ne finit jamais.
Avec Saúl et l’un des guides sélectionnés par l’hôtel, nous avons nous-mêmes visité la Cathédrale avec un autre regard, nous étions dans la boutique-atelier du céramiste Armando et ce fut un véritable coup de cœur ; Nous sommes entrés (et avons halluciné) Juan Foronda, une maison mythique de châles et de mantilles ; Nous avons visité tous les recoins de l’incontournable Casa de Pilatos ; Nous sommes passés par le Real Alcázar avec la promesse de revenir dans le temps ; Nous avons assisté à un spectacle de flamenco vigoureux, du genre qui fait vraiment transpirer, au légendaire Tablao Los Gallos ; Nous avons mangé des pringá montaditos dans la Casa Morales centenaire – à quelques mètres de l’hôtel – et nous nous sommes dit au revoir jusqu’à très bientôt à La Barra de Cañabota, temple des meilleurs fruits de mer.
HISTOIRE
Six ans se sont écoulés depuis que l’équipe de Serras Collection nous a parlé pour la première fois de son projet à Séville. Six années de rénovation pharaonique qui ont abouti à ce joyau qui redonne sa splendeur à un bâtiment historique. Une œuvre signée par le studio sévillan EDDEA Architecture & Urbanism, avec les conseils de CBRE Espagne.
MOT CNT
Quand les gens me demandent quelle est la plus belle ville d’Espagne, ce qui est très courant, la première qui me vient à l’esprit est Séville. Je sais que je ne suis pas le seul. Je sais qu’il est très probable que la plupart des gens le pensent. Le subconscient, qui commence aussi par un « s », me pousse toujours à suivre le classement avec Salamanque et Saint-Sébastien. Ils sont tous jolis, c’est vrai. Mais les doutes m’assaillent aussitôt, je me demande si ce podium ou un autre. Que choisir en Espagne quand on choisirait tout.
Cependant, je ne doute jamais lorsque je dis que Séville est la plus belle ville du monde. C’est que c’est le cas. Chez Serras, ils savent aussi qu’une grande partie du monde la découvre maintenant et que le désir de tomber amoureux d’elle est déjà imparable. Mais attention : il ne faut pas seulement aimer Séville, il faut aussi la protéger des assauts de la surpopulation touristique. Serras, comme d’autres marques d’hôtellerie de luxe déjà opérationnelles ou sur le point d’atterrir dans la ville, le fait avec les soins d’un orfèvre sévillan.
LE DÉTAIL





