Valderrobres (Matarraña), la plus belle ville d’Aragon

Certaines langues disent que la région de Matarraña est comparable à la Toscane italienne. Mais nous pouvons vous assurer qu’à chaque voyage que vous ferez à travers ces terres, vous découvrirez de plus en plus de différences. Allons-y, jusqu’à ce que nous trouvions une ressemblance avec la Toscane. Parce que la Matarraña de Teruel a une identité bien plus que la sienne, construite au fil des siècles de conquêtes et de travail du territoire.

Décidés à mettre fin à cette stupide similitude, nous nous sommes dirigés vers Valderrobres, capitale de la région de Matarraña et appartenant au club des plus belles villes d’Espagne depuis 2013. Cette ville médiévale est traversée par la même rivière Matarraña, qui divise la ville en deux parties : d’une part la partie nouvelle et de l’autre la partie ancienne.

Un caprice de l’église de Matarraña

Pour connaître Valderrobres en profondeur, il est important d’être bien documenté. Pour ce faire, vous pouvez vous rendre à l’Office de Tourisme, situé dans la nouvelle ville, ou vous rendre dans la partie haute, dans la vieille ville, et réserver des visites guidées en groupe auprès de Turismo Matarraña, une petite organisation située à côté de la mairie.

D’une manière ou d’une autre, le premier pas doit toujours être fait depuis le pont du XIVe siècle qui relie les deux parties de la ville et qui permet d’accéder à la vieille ville par le portail San Roque. C’est la porte principale de la ville et l’une des sept anciennes entrées de la ville fortifiée, en pleine activité depuis le XIIIe siècle. On l’appelle San Roque en l’honneur du saint qui garde l’entrée depuis une niche encastrée dans la tour d’accès.

Quand on lève les yeux, il est facile de tomber amoureux de la beauté de l’air médiéval qui existe dans chacune des façades des maisons qui s’ouvrent sur la Plaza de España. Juste à gauche de ce point se trouve la mairie de Valderrobres, un lien direct avec la ville lorsqu’elle fut inondée par la Renaissance. La mairie est plus que le simple point d’administration et de gouvernement de la ville, puisqu’à son rez-de-chaussée elle conserve une salle de ce qu’étaient les cachots de Valderrobres. Bien qu’il n’en reste qu’un seul, on sait qu’il y avait beaucoup d’activité dans le donjon pendant les guerres carlistes.

Notre prochain arrêt est le Musée et Centre d’Interprétation de Valderrobres, mais pour y arriver, il faut se glisser dans l’enchevêtrement de ruelles et de passages qui composent le tracé médiéval de cette ville de Teruel. Certaines demeures seigneuriales font allusion à l’origine d’une grande ascendance, avec une certaine pompe peut-être quelque peu atténuée, comme pour souligner qu’elles étaient autrefois habitées par des familles qui célébraient avec style, avec des noms nobles et de grands banquets chaque semaine.