Avec un extérieur majestueux et un cœur doux (que nous vous recommandons de ne pas ignorer), l’Eurostars Grand Hotel Wien cache un secret auquel on ne s’attendrait peut-être pas : son empreinte asiatique. Chez Condé Nast Traveler, nous avons eu l’occasion de profiter pour la première fois et sans précipitation de ce symbole de la grande hospitalité européenne, alors qu’il vient d’être intégré au portefeuille d’Eurostars Hotel Company. Et attention, le pari est ambitieux : elle est appelée à être l’une des icônes de l’entreprise galicienne.
HISTOIRE
Le Grand Hotel Wien a été conçu par l’architecte Carl Tietz et construit entre 1866 et 1870. Le 10 mai de la même année, après une grande inauguration, le premier hôtel de luxe de la Ringstrasse a ouvert ses portes. Doté d’équipements jamais vus dans la ville, comme un ascenseur ou une salle de bain dans les chambres, il devint rapidement le lieu de séjour choisi par les personnalités et les aristocrates qui passaient par la ville pour rendre visite au couple impérial. Isabelle de Bavière (Sissi) et l’empereur François-Joseph Ier d’Autriche ont rendu visite à l’hôtel lui-même, l’une des raisons pour lesquelles il est devenu le centre de la vie sociale pendant des décennies.
Après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment a reçu un usage institutionnel, période qui a duré jusqu’en 1994, date à laquelle il a été acquis et rénové par la compagnie aérienne japonaise All Nippon Airways (ANA). Les nouveaux propriétaires n’ont pas hésité à laisser leur empreinte, qui se traduit par un petit buffet asiatique au petit-déjeuner, des indications en caractères japonais dans des lieux comme les coffres-forts, une bonne poignée de chambres avec lits séparés (une marque du confort japonais comme ils nous l’ont expliqué) ou encore UNKAI, le premier restaurant japonais de Vienne, qui continue 20 ans plus tard à proposer l’une des expériences les plus authentiques de la ville.
Depuis janvier, l’hôtel fait partie d’Eurostars Hotel Company, une chaîne hôtelière du groupe Hotusa, qui possède déjà deux autres hôtels dans la ville : Eurostars Embassy et Exe Vienna, et est destinée à devenir l’une des grandes enseignes de la collection d’hôtels emblématiques de l’entreprise. Sans aucun doute, l’élégance, la splendeur de son héritage historique et l’esprit aristocratique qui la définissent depuis plus de 150 ans restent intacts.
DES INVITÉS ILLUSTRES… ET UN FANTÔME !
De Joséphine Baker à Freud, en passant par les principaux dirigeants internationaux à travers l’histoire et, comment pourrait-il en être autrement, les membres de la famille impériale eux-mêmes. Tout le monde est resté ici à un moment donné. Les halls de l’hôtel ont été le cadre choisi pour des célébrations mémorables telles que le 50e anniversaire artistique de Johann Strauss II. Pour l’avoir obtenu, le Grand Hotel Wien a même sa « part de responsabilité » dans la fin tragique de ce qui est devenu les Roméo et Juliette autrichiens : la baronne Maria Vetsera et l’archiduc Rodolphe, fils de l’impératrice. Les salons et on dit que même les chambres (quel scandale pour l’époque) furent les témoins de l’idylle interdite entre ces deux aristocrates qui, comme tous les drames de couple… se termina fatalement. À l’Eurostars Grand Hotel Wien, il y a aussi une invitée éternelle : la Dame fantôme. Et que serait un bâtiment aussi emblématique sans son propre fantôme. On dit qu’elle est amicale avec les invités, coquette et adore s’amuser en faisant des bêtises avec les lumières. Nous n’avons pas eu le plaisir. La seule honte du voyage.
CHAMBRES
Une propriété d’architecture monumentale néo-Renaissance qui abrite 205 chambres et suites, dont six avec jacuzzi (et quel jacuzzi) et une suite présidentielle de 260 mètres carrés avec balcon et sa propre bibliothèque. Hauts plafonds, fresques, moulures, lustres… toutes les chambres de l’Eurostars Grand Hotel Wien allient l’élégance classique au confort le plus moderne. Etabli comme l’un des établissements les plus luxueux d’Autriche, c’est un havre de calme et de sophistication au cœur de la ville.
GASTRONOMIE
L’expérience gastronomique à elle seule vaut une visite dans la ville. Et nous n’exagérons pas. Mot.
D’une part, le UNKAI susmentionné, un restaurant japonais avec 20 ans d’histoire et un menu basé sur la tradition et le produit qui invite les convives à vivre une authentique expérience Omakase, avec des sushis ou des teppanyaki et cuisine de démonstration live, ou la possibilité de manger sur un tatami dans le plus pur style des établissements les plus authentiques de Kyoto. Pendant des années, il a été le seul Japonais de la ville et il est aujourd’hui le favori des amateurs de bonne cuisine japonaise. Notre conseil est de vous remettre entièrement entre les mains de votre maganer, Genci, choisissez le bar teppanyaki pour profiter du spectacle au premier rang, laissez-vous surprendre et savourez le voyage à l’autre bout du monde.
Les surprises gastronomiques ne s’arrêtent pas dans cet hôtel avec ses japonais. Dès que l’on franchit les portes du 1870, l’autre restaurant du Grand Hôtel, on croit s’apprêter à déguster quelques-unes des spécialités les plus traditionnelles de la gastronomie autrichienne. Ce sera à cause du nom, de l’année où l’hôtel a ouvert ses portes, ce sera à cause de la décoration… rien n’est plus éloigné de la vérité. On ne vient pas ici pour manger du snitzel et du tafelspitz. Ou oui, mais pas comme on l’espérait. 1870 a son propre concept culinaire : ÖKKEI, trois continents, une cuisine. Hérité de la cuisine NIKKEI, le concept, conçu et peaufiné par le chef exécutif Jürgen Lengauer, combine des recettes traditionnelles autrichiennes avec des influences asiatiques et sud-américaines. Le résultat est une proposition créative absolument innovante qui rend le mélange aussi fou que cela puisse paraître et, surtout, chaque bouchée est plus savoureuse que la précédente. Ici, notre recommandation est encore une fois de vous remettre entièrement entre les mains du chef de salle, Daniel. Ah ! Et ne te lève pas de table sans avoir fini chaque dernier petit quatre.
UNKAI et 1870 partagent un toit-terrasse spectaculaire au septième étage où, si le temps le permet, vous pourrez dîner sous le ciel étoilé de la ville avec vue.
LA CÉRÉMONIE DU THÉ DE VIENNE
Celui qui signe ces lignes éprouve un faible absolu pour les plats sucrés. C’est pour cette raison que le Café Rosengarten, dans le hall de l’hôtel, sera mis en avant dans cet article comme l’une des expériences incontournables au sein du Grand Hôtel. Si Vienne est célèbre pour ses desserts (sachertorte, Kaiserschmarrn…), à Roserganten Jürgen Lengauer a laissé libre cours à sa plus douce créativité. Son expérience et sa profonde sensibilité envers le produit sont reflétées dans son Gâteau Mozart, un délicieux apfelstrudel ou encore le macaron à la banane, petites œuvres d’art comestibles (si jolies que c’est dommage d’y mettre sa fourchette) et qui s’accompagnent de café ou de thé. La musique joue et ce n’est pas parce que ces desserts sont si délicieux… même si cela pourrait l’être : c’est parce qu’à Rosengarten il y a une pianiste pour le plus grand plaisir de ses convives.
Rosengarten est célèbre pour sa recette de Guglhupf, un classique des pâtisseries viennoises et préférée de l’empereur François-Joseph, qui consiste en une génoise marbrée avec de la cannelle et des flocons d’amandes en surface. Vous pouvez le prendre en portions ou le commander entier (il se présente dans une boîte idéale et constitue le souvenir parfait).
Le brasserie Il propose également une petite carte avec des options pour le déjeuner et dispose d’une agréable terrasse au pied de la Ringstrasse, parfaite pour regarder passer les plus belles personnes de la ville.
DU SPA AU PARADIS
Y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez plus qu’un massage après une journée complète de visites ? La question a une réponse évidente et courte : non. Au sixième étage, et derrière la porte de la chambre 605, qui donne son nom au spa, se cachent 200 mètres carrés de pure détente et de bonheur. Avec une carte de soins allant des massages les plus doux aux plus réparateurs et également avec un espace pour des soins du visage ou différents types de manucures, le Grand Spa est conçu pour s’adonner à un hédonisme sans culpabilité.
Point supplémentaire pour ses produits phares de la marque de cosmétiques autrichienne Angati, durables, à haute concentration en principes actifs et basés sur une beauté consciente. Son huile visage Passiflore laisse un éclat instantané irrésistible. Les mains magiques d’Aniko et Ninel font le reste. Un espace bien-être, un sauna, un bain turc et une salle de sport entièrement équipée complètent l’expérience relaxante.
ALENTOURS
Comme nous l’avons dit au début de ces lignes, l’Eurostars Grand Hotel Wien bénéficie d’un emplacement imbattable, à une minute à pied de l’Opéra de Vienne et à quelques pas du centre historique et des principales attractions touristiques. L’Albertina Modern se trouve littéralement en face et jusqu’à la fin du mois vous pourrez visiter une exposition Kaws très complète avec une figurine XXL sur la porte incluse. Notre recommandation est de marcher un peu plus loin, en profitant de l’emplacement privilégié et d’explorer Neubau, le quartier le plus bohème et cool de la ville. Perdez-vous dans ses boutiques vintage et, au retour, arrêtez-vous pour un prosecco ou une spécialité de café sur l’une des terrasses qui parsèment la Burggasse.
LE DÉTAIL


