Pendant ce temps, en Méditerranée, la posidonie, qui servait autrefois de pâturage au bétail, de pépinière de poissons et d’abri aux plages du monde, est une fine chaîne blanchâtre des fonds marins. Il n’y a pas un seul incendie, mais plusieurs : de La Corogne à Begur, d’Ayamonte à Consuegra, où l’on ne voit plus de parasols sur les plages, encore moins de chaises au frais.
Dans les musées, certains regardent avec attention les menus souvenirs, désormais encadrés, de ces étés où l’on pouvait manger des moules, de la lotte ou du poulpe. Aujourd’hui, seules quelques espèces tropicales de roches survivent et les méduses prolifèrent de plus en plus.
Mateo sait qu’aller à la mer signifierait une piqûre mortelle, alors il attrape son chat Toby et, avec difficulté, se dirige vers la porte. Le soleil de plomb l’amène à baisser le bord de sa casquette, mais un jeune bénévole est venu l’aider et lui donne un masque.
Alors qu’ils se dirigent vers les grottes aménagées dans le sous-sol de la ville – les anciens abris anti-aériens de la guerre – Mateo cherche à nouveau la mer au bout de la longue rue. Il pouvait tout laisser tomber, courir avec son chat, prendre un bain. Je pourrais aussi mourir. Et il pense à sa femme, décédée l’année dernière.
Il descend les escaliers du refuge et entend parler d’une tempête tropicale. Certains tremblent, car les inondations d’aujourd’hui sont néfastes et peuvent les atteindre dans la grotte. Après être entré dans le refuge, Mateo reçoit une photo : sa fille Olivia apparaît dans bikini sur une plage d’Écosse où les thermomètres indiquent 46°C, accompagnés d’un message : « Je pense que bientôt nous pourrons nous baigner sur les plages de l’Antarctique ».