Dormir dans un phare est synonyme d’aventure, de solitude, de paysage et de mystère. Tout en un. Élevés sur des falaises, exposés au vent et aux vagues, ils ont été, pendant des siècles, des points d’orientation sur des côtes dangereuses, des gardiens silencieux des navigateurs et des témoins de naufrages, de tempêtes et d’aubes qui restent gravées dans l’esprit des aventuriers.
Aujourd’hui, certaines de ces sentinelles côtières ont cessé d’être uniquement des panneaux maritimes pour devenir des hébergements uniques où l’expérience prend une dimension physique : sentir la mer battre à proximité, la lumière tourner lentement la nuit ou l’isolement comme forme de luxe.
En Espagne, il existe plusieurs exemples réels de phares transformés en hôtels ou en séjours touristiques où cette fantaisie est possible, des Asturies aux îles Canaries et en Galice. Ce ne sont pas des hôtels typiques, mais des lieux qui obligent à ralentir, à regarder l’horizon sans hâte et à écouter le vent comme s’il faisait partie du mobilier. En outre, autour d’eux se trouvent des villages de pêcheurs, des routes côtières, des plages cachées et des cuisines liées à l’Atlantique ou à la mer Cantabrique. Pour toutes ces raisons, passer la nuit dans un phare est une autre façon de découvrir la côte.
Phare de Cudillero (Asturies)
Au cœur de l’un des villages de pêcheurs les plus photogéniques du nord de l’Espagne, l’ancien phare de Cudillero – construit il y a plus de 165 ans – a été transformé en un hébergement exclusif géré comme deux suites uniques.
Le phare de Cudillero est un de ces endroits où la frontière entre phare et maison disparaît pratiquement. La lumière est toujours active, la mer continue de battre en contrebas et nous – si nous avons la chance d’y passer une nuit – occupons littéralement l’espace de l’ancien gardien de phare.
Les deux suites – avec cheminée, bain à remous et terrasses ouvertes sur la mer Cantabrique – sont conçues pour regarder vers l’extérieur plutôt que vers l’intérieur. De là, la ville de Cudillero se déploie comme un amphithéâtre de maisons colorées encastrées dans la colline, tandis que les bateaux entrent et sortent du petit port. Le contraste entre la verticalité du phare et la vie quotidienne du port est l’un des grands attraits du séjour.
L’environnement est tout aussi puissant que l’hébergement. A quelques minutes en voiture, nous avons des plages comme Silencio ou San Pedro de la Ribera entre des étendues de côte accidentée où le paysage devient presque minéral. Et à l’intérieur des terres, les Asturies s’ouvrent sur des routes vertes, des montagnes, des cidreries discrètes et des petites villes où la vie suit un rythme très différent de celui des marées.
