« Nous pouvons aller voir le cimetière de sable », a « traduit Aurore, » bien que de l’extérieur, car ils sont sur le point de fermer. » Aurore était ma merveilleuse Cicerone particulière à Anglet, la belle ville du basque français et, entre visiter et visiter, s’est arrêtée dans un petit magasin de produits local à la périphérie pour acheter des fruits et des perfusions. Je m’avais parlé de cet endroit pour son propre jardin, un Vergel de 25 hectares que les sœurs de Notre-Dame du Refuge cultive avec soin: légumes, céréales et petit bétail qui fournit un magasin simple, où tout a le goût des authentiques. J’avais mentionné quelque chose d’un cimetière de sable que j’avais lu mais je n’en savais pas plus. Et, alors qu’il décidait d’une saveur ou d’une autre de la perfusion, il m’a dit que nous avions arrêté parce que le cimetière était là, et a demandé au vendeur si nous pouvions regarder pour le voir. « C’est un site qui impressionne », m’a-t-il dit.
Nous prenons le chemin qui laisse du magasin, bordé par des forêts de pin et des vergers, à une porte rouillée en fonte rouge. Derrière elle, un cimetière est étendu qui ne ressemble à aucune autre. Pas de pierres tombales en marbre, d’épitaphes ou d’ornements floraux. Seuls les monticules de sable identiques couronnés de sept pétoncles disposés en croix, symbole d’humilité et de déshabillage. Ni les noms, ni les dates, ni les titres: toutes les mêmes tombes, toutes coulées dans le même matériau, la plus simple et la plus typique de l’endroit. Et, au pied de chaque monticule, une petite plante, presque un signe d’espoir: lavande pour les bernardines, charbon pour les serviteurs de Marie.
Comme les châteaux que les enfants élèvent sur la plage
Les monticules de sable, parfaitement alignés, semblent fragiles, mais cachent une solidité surprenante. Chaque année, juste avant Pâques, les sœurs et les bénévoles reconstruisent les monticules avec le même sable un rituel qui rappelle les châteaux que les enfants élèvent sur la plage, mais ici chargés d’un symbolisme profond: union avec la Terre, l’égalité avant la mort, un trafic serein vers le Beyond.
L’histoire de ce cimetière commence en 1849, quand Elise Cestac, sœur du père Louis -éard Cestac, fondatrice du refuge, est décédée. Elise a été la première à être enterrée dans le sable de cette terre qui, à l’époque, n’était rien de plus qu’un ensemble de dunes et de terres arides. La congrégation avait demandé l’autorisation officielle en 1853, accordée par décret préfecture en juin 1854. À partir de ce moment, les religieux et certains aumôniers de la communauté y ont été enterrés, suivant le même rite de simplicité et de silence. Aujourd’hui, le cimetière compte plus de 350 tombes, bien que l’enterrement direct dans le sable ne soit plus autorisé.