Après quelques années d’absence, j’ai réalisé qu’il était temps de retourner au Maroc, un pays où je me sens chez moi. A cette occasion, j’ai opté pour une escapade à Tétouan et Chefchaouen. Nichée entre les montagnes du Rif, Chefchaouen fait partie de ces destinations qui, à première vue, semblent définies par une seule image : celle de ses rues bleutées.
Cette couleur, qui a fait de la ville une icône visuelle du Maroc, attire chaque année des milliers de voyageurs à la recherche de la photographie parfaite. Cependant, ce bleu n’est qu’un point de départ. Sous cette couche chromatique se cache une ville à l’identité profondément enracinée, façonnée par son histoire andalouse, son isolement géographique et son lien avec un environnement naturel qui m’a attiré avec un magnétisme irrésistible.
Contrairement à d’autres destinations plus intenses du pays, Chefchaouen invite à ralentir, à observer sereinement et à se laisser emporter par une atmosphère sereine qui semble descendre des montagnes environnantes pour filtrer dans chaque rue et chaque maison. Voyager à nouveau au Maroc pendant la période du Ramadan a été un succès, ajoutant une touche spirituelle à une escapade que j’espère répéter bientôt.
Promenez-vous dans la médina bleue
Il est vrai que ce n’est pas la seule attraction de Chefchaouen, mais il est évident que la médina – avec ce bleu omniprésent – est le spectacle le plus connu de cette ville de 45 000 habitants. Se promener dans la médina de Chefchaouen est un exercice d’abandon. Je n’ai pas fixé d’itinéraire fixe ni lu de liste d’essentiels pour le suivre à la lettre. Ce qui est vraiment intéressant, c’est de se laisser emporter par le réseau de ruelles qui montent et descendent, qui se rétrécissent jusqu’à se toucher presque et qui s’ouvrent soudain sur de petites terrasses ou des coins inattendus.
Le bleu envahit tout, mais il n’est pas uniforme. Il y a des tons intenses et profonds, d’autres plus clairs, presque blanchâtres, et certains usés par le temps. La lumière joue également un rôle clé : dès le matin, les couleurs paraissent plus douces, tandis qu’à midi elles deviennent vibrantes.
Au cœur de la médina se trouve la place Uta el-Hammam, un espace qui sert de point de rencontre pour les habitants et les visiteurs. Chaque jour, des recruteurs de touristes s’y réunissaient pour différentes visites et des gens qui, comme moi, s’asseyaient à l’une des terrasses des bars et des restaurants pour prendre un jus et regarder la vie passer. Tout près de la place se dresse la Grande Mosquée de Chefchaouen, dont le minaret octogonal rompt avec l’esthétique habituelle du pays et ajoute une nuance unique à l’ensemble.