Journée Yunteros : qu’est-ce que c’est et pourquoi est-elle célébrée ?

Au 25 mars 1936, on estime que entre 60 000 et 80 000 paysans ont occupé et labouré pacifiquement environ 3 000 fermes dans la province de Badajoz. Il y a eu aussi des mobilisations à Cáceres, ou encore dans la partie de Salamanque limitrophe de Las Hurdes. Une action coordonnée grâce au travail du CNT, la Fédération Nationale des Travailleurs de la Terre (FNTT) et les Maisons du Peuple qui, selon le co-porte-parole de l’Association 25 Mars, Eugenio Romero, « est devenue la plus grande mobilisation paysanne de l’Europe moderne ». Tout répondait à la résolution « d’un problème d’ampleur historique, celui de la structure de la propriété. Le foncier a été et est la grande blessure ouverte de l’Estrémadure (…). Ce sera au XXe siècle, et surtout sous la Deuxième République, que le mouvement ouvrier et paysan acquerra la force organisationnelle et « l’influence sociale nécessaire pour remettre en question le régime latifundia ».

C'est ce qu'on appelle le Jour des Yunteros, même si en réalité il y avait trois dates « consanguines » dans cette histoire. « La première d’entre elles fut la grève générale rurale de 1934, dont le fer de lance était l’Estrémadure. La grève fut une défaite, mais ce fait accéléra la maturation du mouvement. Avec ce précédent et face à la famine que connaissaient les familles ouvrières et aux troubles dus à une promesse de réforme agraire qui n'est pas arrivée, En 1936, des photographes, des journalistes et des réalisateurs de films sociaux étaient déjà présents sur notre territoire. de la moitié du monde. Textes de César Vallejo, Alberti et Miguel Hernández Ils ont mis sur la carte les conditions extrêmes dans lesquelles vivaient les gens en Estrémadure (…). Pas un seul blessé. Pas un seul détenu. C'était le 25 mars. Faim et organisation.

Cette initiative a été rapidement interrompue par le coup d'État franquiste du 18 juillet 1936 qui déclenche la guerre civile espagnole. C'est la troisième date consanguine à laquelle, comme l'explique Eugenio, « cette épopée d'Estrémadure fut interrompue, entre autres, à cause de la crainte que l'occupation des fermes ne s'étende à d'autres territoires comme la Castille ou l'Andalousie. Les propriétaires fonciers se sont adressés au général Franco pour demander que cela prenne fin rapidement. Ce n'est pas un hasard si la province de Badajoz a été celle qui a subi la plus grande répression, génocide aux mains des troupes putschistes dirigé par les généraux Yagüe et Queipo de Llano. Il fallait que la peur se propage. Donnez une leçon qui atteindra la dixième génération. Ils voulaient éliminer de la surface de la terre cet exploit historique que les habitants d'Estrémadure avait été menée massivement et pacifiquement. Cet événement qui marque l'identité d'Estrémadure. Et ils ont presque réussi.