La Haute Corse, si sauvage | Voyageur

Au cours de ses innombrables voyages à travers la Méditerranée, l’écrivain Guy de Maupassant était fasciné par cette immense goutte montagneuse qui traverse la mer antique. Apparemment éloignée de la civilisation européenne, à l’âme étrangère et toujours chaotique, elle a inspiré d’innombrables histoires dans la vie du Français, qui a pris la nature sauvage de cette île comme l’un de ses personnages, souvent qualifiés de « la sauvage ».

Malgré son éloignement physique du continent, elle a toujours joué un rôle déterminant dans l’histoire de la capitale de la France depuis son acquisition en 1768 ; En plus d’être le lieu de naissance de Napoléon Bonaparte et de ses ancêtres, elle fut un point d’ancrage déterminant pour la domination française dans la région. Cependant, l’appartenance à la République de Gênes reste latente depuis des siècles dans tous les coins de son univers, que ce soit en raison des églises romanes qui simulent les murs verdâtres de Pise, d’une empreinte profonde dans le livre de recettes populaire avec des saucisses épicées comme la coppa ou du tempérament affectueux des Corses.

Une rencontre unique entre deux cultures obligées de se comprendre en raison de l’isolement insulaire qui a marqué, à son tour, une identité difficile à étiqueter, en raison des vastes dimensions de son territoire, avec plus de mille kilomètres de côtes qui atteignent près de trois mille mètres d’altitude sur le Monte Cinto. Avec des itinéraires souvent tracés à travers des cols et des sommets qui valent la peine d’être gravis pour avoir une vue panoramique sur la Corse sauvage, la première et grande recommandation du voyage est de limiter l’agenda à un point cardinal pour en faciliter la connaissance.

En partant de l’aéroport de Bastia, la deuxième plus grande ville de l’île, vers le nord, on englobe ce qui est peut-être le côté le plus sauvage de l’île. Celui-là même que Maupassant a peint inlassablement de sa propre écriture.

Vers la fin du monde

En montant, nous rencontrerons le Cap Corse, le cap considéré pendant des siècles comme le bout du monde et grand méconnu même des locaux, car seuls certains points de sa morphologie sont accessibles en voiture. Une île dans une autre qui prétend contenir toute la singularité de la Corse ; Ici le climat est plus chaud et plus venteux, il se nourrit de falaises, de zones humides et accidentées mais aussi de plages aux eaux turquoise. C’est le cas de Tamarone, le joyau de sable qui humidifie Macinaggio, la ville pittoresque où les bateaux de pêche accostent entre de vieilles maisons aux fenêtres colorées. A une demi-heure de voiture, sur le côté ouest de l’île attend la Tour de Sénèque, construite sous la domination génoise au XVIe siècle pour protéger la région des pirates barbaresques, et dont l’ascension offre des vues hypnotiques sur la partie la plus escarpée de l’île.