À partir de ce moment, en plus du loyer annuel qui devait être payé au Sénat, le contrat prévoyait que le propriétaire recevrait 10 centimes pour chaque chaise et que, pendant la belle saison, 1 500 chaises supplémentaires seraient mises à la disposition du public.
Ce sera à partir de 1872 que la location des sièges du jardin du Luxembourg sera mise aux enchères publiquement, sous le contrôle du Sénat et de l’État. Seuls ceux qui disposaient d’une autorisation et d’un bon dossier juridique pouvaient participer à l’appel d’offres, tandis que le Sénat décidait du nombre de chaises nécessaires pour le public et garantissait le respect des règles du contrat.
La personne assignée devait placer, entretenir et ranger quotidiennement les sièges, en s’assurant qu’ils étaient toujours en bon état et que son personnel était courtois envers les clients. Les prix variaient selon le type de chaise et l’emplacement : en 1920, les chaises coûtaient 0,20 franc ; les fauteuils, 0’30 ; dans les zones de concert, entre 0,25 et 0,40 ; et environ 0,50 franc par place lors des défilés officiels.
Comme le tarif, l’esthétique était également calculée et marquée : tous les deux ans, les fauteuils et chaises en fer, dont les pieds devaient avoir une épaisseur minimale de 3,5 centimètres, étaient repeints en vert « bambou ».
Bien qu’ils soient aujourd’hui une relique parisienne, ces « quadrupèdes » inertes ont suscité quelques controverses au XIXe et au début du XXe siècle. La Questure du Sénat – l’organisme administratif local – devait veiller au respect des règles et traiter les plaintes des usagers, qui n’étaient pas rares : en 1914, une femme protestait parce que l’ordre des chaises bloquait le passage des piétons, tandis qu’un autre visiteur se plaignait de devoir payer plusieurs fois la même place lors d’un concert simplement à cause d’un changement de lieu.