C’est ainsi que Sevon décrit Londres dans son livre : « C’est le genre d’endroit où se mélangent la haine, le dégoût, l’avidité, la méchanceté, la compassion, la douleur et la pitié. C’est un endroit où chacun est votre ami et votre ennemi. »
Fille, femme, autresBernardin Evaristo
L’avis de Bret Johnson : Fille, femme, autresde Bernardine Evaristo, capture Londres comme une vaste ville polyphonique façonnée par un chevauchement de générations, d’identités et d’histoires, et qui raconte la vie des femmes à travers différentes décennies et quartiers. Le roman couvre des espaces tels que Brixton, Hackney et Camden, mais dépasse également les limites de la ville pour aborder l’histoire de la Grande-Bretagne, montrant comment la capitale sert à la fois d’aimant à réinvention et d’espace d’aliénation et de difficultés.
Ce qui rend ce roman si efficace sur Londres est la grande diversité de voix qu’Evaristo rassemble dans ses écrits : activistes, enseignants, dramaturges, migrants, étudiants, mères et filles, tous vivant la ville différemment selon leur race, leur sexe, leur classe sociale et leur orientation sexuelle. Londres apparaît comme quelque chose de contradictoire et en constante évolution, capable dans une égale mesure de libération et d’exclusion. Le roman est particulièrement puissant en montrant l’évolution de la Grande-Bretagne multiculturelle à partir des années 1970, en mettant en évidence les changements d’attitude envers le féminisme et les identités queer et noire, sans perdre l’intimité de chaque vie individuelle.
Malgré son ampleur, le livre ne perd jamais de vue les petites réalités émotionnelles et capture ce sentiment que Londres est une ville dans laquelle une myriade d’histoires personnelles coexistent simultanément, se croisant souvent sans que leurs protagonistes s’en rendent compte.