Le Mexique subit encore les conséquences de sa révolution, un événement historique qui a transformé la société et donné naissance à sa propre esthétique toujours bien vivante. Les peintures murales apparaissent alors comme le grand canal d’expression pour transmettre des messages au peuple et finissent par constituer leur propre discipline artistique, qui s’est répandue dans tout le pays, mais qui est déjà reconnue dans le monde entier pour sa monumentalité et ses racines incontestablement mexicaines. Diego Rivera, Rufino Tamayo, José Clemente Orozco et David Alfaro Siqueiros sont ses quatre plus grands représentants, mais ce n’est que la pointe d’un gigantesque iceberg de talents.
Lorsqu’on suppose que le muralisme ne pouvait pas dépasser des niveaux tels que les façades de l’UNAM ou les intérieurs du Palais des Beaux-Arts, alors on découvre le Secrétariat de l’Instruction Publique (SEP), à deux pas du Zócalo. Le bâtiment abrite le Musée vivant du muralisme qui, depuis son ouverture en 2024, est entré directement dans les hauts lieux culturels de la capitale mexicaine.
Pour vous localiser : Le Musée Vivant du Muralisme est situé dans un immense complexe composé de bâtiments des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XXe siècles. Plus précisément, le couvent de Santa María de la Encarnación del Divino Verbo et ses extensions successives, qui en ont fait l’un des plus beaux édifices religieux de la Nouvelle-Espagne. Ils sont liés intérieurement aux douanes royales de Saint-Domingue et, enfin, au Secrétariat de l’Instruction publique, que José Vasconcelos a commandé au XXe siècle, en profitant du cloître du couvent.
Ce sont des bâtiments qui méritent d’être visités en soi, mais qui méritent encore plus d’attention grâce aux peintures murales qui décorent les trois étages de son patio intérieur et plusieurs de ses pièces. On comprend ici à quel point le muralisme est toujours vivant comme une grande contribution mexicaine à l’art moderne, et aussi le rôle de la peinture comme porteur et transmetteur d’une idée.
Dans cet ancien Secrétariat de l’Instruction publique, on assiste à toutes les expressions possibles du muralisme, pratiquement inépuisables : on peut se promener des heures durant à travers les très longues arcades du patio intérieur, tandis que le soleil joue avec les ombres et les transforme au fil de la journée. La peinture, l’architecture, les plantes et la lumière créent un microcosme impensable à seulement deux pâtés de maisons, au cœur de la capitale mexicaine.