10 livres pour rester amoureux (sans être ringard)

Ensuite… L’amour et le mariage ne sont-ils pas un oxymore ? Ce petit volume, qui rassemble une série de conférences et de conversations, est aussi loin d’un livre d’aide personnelle que d’une histoire de Disney. Car ceux qui parlent ici sont deux personnes très intelligentes qui ont décidé de miser sur cette institution très vintage. et, apparemment, aussi peu excitant soit-il le mariage. Et si pour certains, porter une alliance se réduit à la domestication du désir, il y en a d’autres qui la considèrent encore comme une grande aventure indissociable de l’exercice de la liberté.

C’est le cas de Philippe Sollers et Julia Kristeva, psychanalyste et écrivain (des membres de l’aristocratie intellectuelle française, comme Simone de Beauvoir et Sartre), une féministe et une provocatricephilosophe et éditeur qui a construit plus de cinquante ans de relation amoureuse et de dialogue intime résumés dans cet ouvrage sociologique, philosophique, littéraire, artistique et militant plein de digressions.

Philippe Sollers et Julia Kristeva Ils ne croient pas au nom « couple », qui annule l’unicité et la singularité. En revanche, dans ce texte, ils font l’éloge du mariage, et non comme la somme de deux entités mais de quatre : masculin/féminin et féminin/masculinqui vivent dans chacun d’eux.

Dans ces conversations, ils ne s’abstiennent pas d’aborder les sujets les plus délicats : l’amour, les rivalités, la paternité, leur « dur désir de durer« , les retrouvailles, et bien sûr, la fidélitéqui, sans être explicite, vivent avec une flexibilité très à la française, même si Kristeva précise quelque chose qui est parfois négligé dans les idéalisations du polyamour : « On ne peut pas avoir le luxe d’adopter un point de vue libertaire sur l’infidélité sans un minimum de sécurité psychologique. Et bien sûr, l’indépendance économique.

Un ouvrage plein de digressions, allant de la philosophie à l’art, et qui répond avec hauteur au défi que pose l’écrivain français Philippe Sollers dans son introduction : «Le mariage comme critique sociale et apologie poétique de la liberté, contre tout obscurantisme ? Passer l’examen».