Fairmont Golden Prague | Voyageur

Prague est la ville de l’alchimie, où les rêveurs médiévaux cherchaient des moyens de transmuter les métaux vils en or, mais aussi les artistes qui transformaient la peur et la répression de la République socialiste tchécoslovaque en art, comme le montrent les animations inquiétantes de Jan Švankmajer et les romans de Milan Kundera. Le bâtiment emblématique qui occupe la nouvelle propriété Fairmont, à côté de la rivière Vltava, renaît aujourd’hui avec une esthétique qui s’inspire précisément de l’architecture de cette période. Bien que Prague soit une ville souvent comprise sous un angle baroque ou gothique, cette propriété est un joyau brutaliste avec des lignes dures rappelant un vaisseau spatial, avec des espaces communs aux plafonds bas décorés de tuiles métalliques et de béton texturé.

Lors de son inauguration en 1974, alors qu’il s’appelait encore InterContinental Prague, il s’agissait d’un projet inspirant destiné à attirer les voyageurs américains et qui accueillit des invités aussi illustres qu’Elton John et Ray Charles, même si, selon la légende, Carlos le Chacal s’y arrêta également. L’histoire des entrepreneurs tchèques qui ont ressuscité cet hôtel n’est pas immédiatement apparente derrière le nom Fairmont, mais sa création vient d’une ferme détermination à récupérer un espace de réunion très apprécié dans la ville et à l’utiliser comme vitrine de l’histoire et de la culture tchèques, du design contemporain et de la cuisine locale.

Le bar, Coocoo’s Nest, est un hommage au réalisateur Miloš Forman ; les sculptures en verre de l’artiste Martin Janecký, qui représentent les lieux les plus emblématiques de la ville, décorent certains espaces ; et les portes en verre moulé qui mènent aux salles de bains sont l’œuvre du vitrier Lasvit.

Le nouveau spa, qui possède la seule piscine avec espace extérieur et intérieur de Prague, rend déjà la ville encore plus intéressante en tant que destination de bien-être, mais le point culminant est le restaurant sur le toit, où Maroš Jambor sert des créations audacieuses comme la longe de daim au céleri-rave et à l’ananas. Ils constituent un véritable délice à tout moment, mais il est préférable de les déguster juste avant le coucher du soleil, avec des vues sur la ville qui ne seraient pas déplacées dans un tableau. (à partir de 334 €). —Rick Jordan