CHAMBRES
Chacune des neuf chambres est différente, mais elles ont toutes en commun cet air colonial, décadent et bohème de ces années dorées de Puerto Vallarta. Hormis la Suite Elizabeth Taylor, joyau de la propriété, les catégories se répartissent en Suites Diamond (Cleopatra, Velvet et The VIPS, toutes trois immenses et imposantes), Sapphire Suites (Katharina et Virginia) et Opal Suites (Richard Burton, Sandpiper et Flora). Si vous êtes cinéphile, vous aurez compris que les noms font un clin d’œil évident aux films mettant en vedette l’actrice.
Nous avons passé quelques jours (et nous y serions restés toute une vie) à Velvet, du nom de Velours national (1944), le film qui lance la carrière de Taylor. Offrant une vue impressionnante sur la baie de Banderas et la ville, elle dispose d’un lit king-size de beau bois sculpté, une armoire du début du 19ème siècle, des tapis d’Orient, des lustres en cristal, une baignoire autoportante sur pieds et une terrasse avec jacuzzi.
GASTRONOMIE
Le petit déjeuner, si simple, est un pur bonheur. Bien que vous puissiez commander certains plats du menu, des œufs à votre goût, etc., celui inclus dans la réservation est continental, avec du jus d’orange fraîchement pressé, des fruits frais, du café, des petits pains au beurre et à la confiture et diverses pâtisseries. Vous pouvez le faire livrer dans votre suite ou l’emporter sur la terrasse au-dessus de la piscine, avec vue sur la ville et à quelques secondes du premier plongeon de la journée.
L’Iguana est le restaurant de l’hôtel, également ouvert aux non-clients et parfait pour profiter de magnifiques couchers de soleil et d’une cuisine mexicaine traditionnelle avec des touches contemporaines. Même si certains clients viennent dans l’espoir de se faufiler dans tous les coins, la vérité est que de nombreuses zones sont restreintes pour éviter le va-et-vient des curieux. Il propose une vaste carte de cocktails à base principalement de tequilas et de mezcals, et les mariachis sont courants. C’est Jalisco, ne l’oubliez pas.
Il code vestimentaire à The Iguana, c’est formel (les maillots de bain, les débardeurs, les tongs ou les casquettes ne sont pas autorisés et les chemises à col sont obligatoires pour les hommes). L’accès aux enfants est limité aux plus de dix ans.
À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTEL
Les rues étroites qui encadrent la Casa Kimberly donnent leur nom à Gringo Gulch, le vieux quartier de Puerto Vallarta, et constituent le point de départ idéal – attention, sans tenir compte des pentes raides – pour se déplacer d’un endroit à un autre. À gauche, la Zone Romantique, un quartier gay historique qui a permis à la ville d’être considérée comme la capitale mexicaine du tourisme LGTBI+. Au centre, le Malecón. À droite, le Quartier des Arts – avec le mythique restaurant Café des Artistes, du chef Thierry Blouet – et un peu plus loin, Versailles, un quartier en pleine effervescence où il faut aller – oui ou oui – dîner chez Ita, du chef Salvador Carillo.
Parce que comment manger à Puerto Vallarta. Des viandes et ragoûts copieux de Guadalajara, nous passons aux aguachiles addictifs, aux poissons et fruits de mer frais et à la tequila mais aussi à la raicilla, un autre distillat d’agave qui mérite de plus en plus une renommée internationale. Autre remarque : chez Mar y Vino vous mangerez et boirez au cinéma face à l’immense Pacifique.
HISTOIRE
En 1962, John Huston tournait La nuit de l’iguane sur la plage encore calme et paradisiaque de Puerto Vallarta, un village de pêcheurs. Richard Burton, Ava Gardner et Deborah Kerr ont joué dans l’adaptation du texte de Tennessee Williams. Tout était chaud partout où on regardait, c’est quoi. Alors, une Taylor suspecte s’est installée là-bas pour garder un œil sur son nouveau petit ami. L’acteur avait acheté ce qu’il appelait sa « petite maison ». Et c’était : modeste, petit, comme tant d’autres à Gringo Gulch, le vieux quartier aux pentes abruptes de Puerto Vallarta. Après le tournage, le couple a tellement aimé ce coin bohème de Jalisco que Burton a donné à Liz la maison de l’autre côté de la rue. Maison Kimberley. Pour les relier, ils ont conçu un petit pont inspiré de celui des Soupirs qui enjambait les quelques mètres de l’allée qui les sépare. Les plus âgés des lieux disent encore que ce pont a été le théâtre de leurs allées et venues, de leurs cris et de leurs réconciliations. Du cinéma pur.
En 2010, après une rénovation complète, la Casa Kimberly est devenue un hôtel de 9 chambres : 6 dans la maison de Liz, 3 dans celle de Burton. Aujourd’hui, c’est toujours un enchantement, un voyage phénoménal dans le passé entre antiquités – les lits sont imposants -, atmosphère coloniale et ce merveilleux kitsch marqué par les innombrables clins d’œil au couple : les noms des suites, les images fixes de leurs films, la statue à l’entrée… même la suite Elizabeth Taylor conserve la baignoire en marbre rose où se baignait l’actrice. Les nuits à L’Iguana, son restaurant, les petits déjeuners au bord de la piscine (chez Richard !) et une équipe sympathique et familiale font le reste. Du cinéma pur.
MOT CNT
Cela semble cliché, encore plus dans le monde de l’hôtellerie, mais « se sentir chez soi » est une chose à laquelle tout le monde aspire et n’est pas toujours réalisé. Nous étions ici le photographe Diego Martínez –dans la suite Virginia–, le directeur artistique de Condé Nast Traveler Espagne, Ángel Perea –suite Cléopâtre– et qui signe ces lignes –Velvet–, alors que nous traversions Jalisco pour préparer un rapport. Nous étions tous les trois d’accord sur ce sentiment grâce à l’équipe de l’hôtel, sympathique et affectueuse, et aux chambres splendides, toujours pleines de petits (et si grands) détails comme les chocolats au crépuscule, le pichet d’eau toujours glacé, les serviettes placées avec soin… Le petit déjeuner sur la terrasse de la piscine est devenu chaque matin notre moment préféré de la journée.
LE DÉTAIL



