« L’amour qui reste » et l’amour pour l’Islande

Après le magnifique et historique pays divin (2022), Hlynur Pálmason a souhaité évoluer vers un cinéma plus intimiste, plus personnel. De là vient L’amour qui reste (sortie en salles le 7 août), un film tourné près de chez lui, avec ses enfants comme protagonistes et mêlant des scènes de nature qu’il avait spontanément filmées pendant des années. « Les images du début datent de 2017 », avait-il déclaré l’année dernière lors de la première mondiale du film au Festival de Cannes. « Ce n’est pas que j’ai pensé à ce film toutes ces années, mais j’ai collecté des images qui étaient liées à ce que je pensais être le cœur du film. »

Le début est la déconstruction d’une maison, la levée d’un toit qui sert de métaphore pour expliquer le cœur de l’histoire : la séparation des parents, comment reconstruire leur vie séparément et comment entretenir ce qui reste de la vie qu’ils ont créée ensemble, avec trois enfants, un foyer. La mère (Saga Garðarsdóttir) est une artiste et a également du mal à trouver un moyen de s’exprimer ; l’art qu’elle crée à partir d’amorces naturelles est quelque chose que Palmáson lui-même réalise pendant les hivers et les automnes islandais. Le père (Sverrir Gudnason) travaille sur un bateau de pêche en haute mer et y vit désormais aussi en attendant de trouver une nouvelle solution de vie. Les trois enfants, quant à eux, montent leur propre œuvre de Jeanne d’Arc à ciel ouvert et c’est un prétexte de plus pour le réalisateur pour réfléchir sur le thème principal : le temps, le passage du temps.

« Le film tourne autour de ce que nous faisons de notre temps, de ce qui est important et pourquoi ? il explique dans ses notes « Le temps passé en famille, avec les gens qu’on aime, les souvenirs qui se créent. Il parle de la vie, des souvenirs et du sentiment d’appartenance. Qu’arrive-t-il à la famille lorsque les parents se séparent, avec tous les souvenirs et les moments qu’ils ont partagés ? Qu’arrive-t-il à l’amour qui reste ? »

L’amour qui reste Il s’agit donc d’une collection de moments qui semblent improvisés, repas de famille, travail en commun, moments solitaires… Ces moments qui surviennent et dont on n’a pas toujours conscience pour toujours s’en souvenir. Et pour Pálmason, le temps a beaucoup à voir avec la nature. Une vision du monde qui a peut-être à voir avec le fait d’être originaire d’Islande et d’y vivre.