Le portique dialogue avec le jardin qui l’entoure. Il parle de lumière, de fleurs et de la mariée qui personnifie le palais. Si la lumière est une manifestation de Dieu, l’eau est le fruit de la générosité du sultan. Les Arabes ont toujours considéré l’eau comme un cadeau. Leur paradis est humide et verdoyant.
Qui a écrit ces poèmes ? Si le sultan était celui qui entreprenait la création de nouveaux palais, c’était le vizir qui exécutait ses vœux. C’est Ibn al-Yayyab avec Ismail Ier et Yusuf Ier, et Ibn Zamrak, vizir de Mohamed V, créateur du Palais des Lions, qui remplirent les cours de vers.
On peut dire que le Palais Comares est le cœur de l’Alhambra. Sa tour abrite la salle des ambassadeurs, où le sultan recevait notables et dignitaires en audience privée. Sa voûte en bois représente les sept cieux du Coran. A l’origine elle était polychrome en jaune, rouge et vert. Les fenêtres étaient recouvertes de vitraux, ce qui produisait un effet similaire à celui d’une cathédrale gothique. Dans l’un des taqasniches destinées à stocker les récipients avec l’eau qui rafraîchissait le visiteur, apparaît un poème qui unit la lumière et l’eau :
Dans le Patio de los Arrayanes, qui s’ouvre à la sortie de la Salle des Ambassadeurs, et dans lequel le bassin s’étend et multiplie les bâtiments qui l’entourent, le palais parle d’une voix féminine :
Le ton change si l’on traverse le Patio de los Leones. A l’époque de son fondateur Mohamed V, ce palais était connu sous le nom de Jardin Heureux. Au centre du patio, une inscription entoure la plaque de fontaine qui entoure les sculptures des lions, qui combine les images typiques de l’Alhambra avec une allusion guerrière :