« Dormir comme le soleil » : l’exposition qui a conquis Marseille

Le résultat a été une œuvre qui s’intègre parfaitement avec l’ancien hospice baroque conçu par Pierre Puget au XVIIe siècle, une intervention qui occupera longtemps à la fois la chapelle et les galeries et couloirs qui donnent vie au complexe.

Loin d’appréhender le monument comme un simple contenant, Adrien Vescovi en a fait un élément fondamental de son œuvre. Ses tissus décorent le bâtiment en jouant avec la lumière, les ombres et les différentes perspectives méditerranéennes, invitant le visiteur à déambuler à sa guise.

La lumière de la Méditerranée baigne les métiers à tisser

Chaque pli, chaque couleur et chaque broderie sont présentés avec délicatesse, tissant ainsi une poésie visuelle extrêmement esthétique qui recrée l’une des cartes postales les plus typiques de l’été méditerranéen : des draps suspendus au soleil.

La pratique artistique d’Adrien Vescovi trouve son langage principal dans le textile. Coutures, teintures naturelles et matières simples se transforment en outils pour explorer les traces du temps et honorer le travail artisanal des ateliers méditerranéens. Ses œuvres partent souvent de tissus anciens, de surfaces qui préservent les vestiges des époques passées et que l’artiste soumet à de lents processus de transformation par macérations végétales, pigments ocres et cuisson.

Dans Dors comme le soleilleur mission prend une ampleur monumentale. Les tissus suspendus – morceaux de lin recyclés – établissent un dialogue constant avec la pierre centenaire de la Vieille Charité, reliant passé et présent. Le visiteur découvre ainsi une histoire construite en couches : d’abord, l’impression immédiate de la couleur et de l’architecture ; puis, une perception plus intime des matières ; enfin, une réflexion sur la mémoire, qui reste latente dans les objets et les lieux.

Draps et tissus anciens en lin et chanvre