Le journaliste Federico Bianchini raconte que depuis qu’il est petit, il voulait connaître l’Antarctique. Un sentiment que son grand-père a éveillé en elle à travers les paroles d’une de ses connaissances qui lui avait rendu visite. Ce dernier disait d’elle qu’il pouvait raconter beaucoup de choses, mais qu’il y avait quelque chose qu’il ne pouvait pas faire : décrire ses paysages car il manquait de mots face à tant de beauté.
Cette idée, celle de visiter l’endroit le plus méridional de la Terre, un désert gelé où les températures sont extrêmes et où peu d’êtres humains (et chanceux) ont jamais mis les pieds, a été une constante dans sa vie qui l’a aidé à planifier la possibilité d’y voyager.
Il a d’abord tenté en 2010 de s’y rendre grâce à la formation militaire, mais il n’y est pas parvenu. Quatre ans plus tard, il raconte Condé Nast Traveler, Il recherchait une nouvelle possibilité auprès des scientifiques. Et il y est parvenu grâce au fait qu’à cette époque il travaillait dans un magazine qui dépendait d’une université nationale en Argentine.
« Dans cette université, l’Institut de l’Antarctique et la Direction Nationale de l’Antarctique ont commencé à fonctionner. En parlant avec le recteur, je lui ai demandé s’il y avait une possibilité d’aller faire une chronique de ce que les scientifiques et le personnel militaire y faisaient. Tout cela comme excuse pour pouvoir y aller. »
Ce voyage, qui devait initialement durer dix jours, a été contraint par le mauvais temps à durer vingt-cinq jours. Une série d’expériences qu’il a laissées en écrivant dans Antarctique (KO Books), un livre dans lequel il raconte les grandes explorations qui ont forgé l’épopée du lieu et à quoi ressemble la vie dans cet espace si différent du reste du monde.
Vous savez quand vous arrivez en Antarctique, mais vous ne savez jamais quand vous le quitterez.
En raison de la météo, son retour était retardé tous les deux jours. Un report qui l’a amené à profiter de son séjour pour interviewer différents scientifiques. « J’accumulais des informations et des expériences sans vraiment savoir pourquoi. J’ai participé à toutes les activités : je suis allé pêcher dans les eaux gelées, j’ai accompagné les glaciologues, les météorologues, ceux qui comptaient les grands mammifères… J’ai essayé de participer à toutes les activités de la base pour avoir l’expérience, l’expérience d’être là », explique Federico Bianchini.
Un report qui devait être respecté car là-bas, la nature est respectée comme un cadeau incassable, et non comme cela peut arriver dans les villes. « Dans ceux-ci, il existe des moyens de ne pas le ressentir si fort. Par exemple, quand il pleut, on peut aller au cinéma. Mais pas en Antarctique : là-bas, quand il y a du vent fort, on ne travaille pas et peut-être qu’on est enfermé pendant plusieurs jours. »