Ce changement était-il nécessaire ? Certainement. Dans l’imaginaire international, la Forêt-Noire, qui couvre quelque 160 kilomètres de la région sud-ouest de l’Allemagne, a conservé cette qualité presque mystique, cet attrait magique et mystérieux. Mais nous, Allemands, associons la Forêt-Noire aux vacances des grands-parents : une image provinciale démodée et ennuyeuse.
«Nous nous sommes endormis et avons raté l’avenir», déclarait en 2010 Gallus Strobel, maire de Triberg. À cette époque, le déclin du nombre de voyageurs était plus prononcé que jamais et les habitants s’éloignaient, incapables de voir un avenir dans une vie dans cette région presque entièrement forestière.
La nouvelle Forêt Noire
Depuis, les choses ont changé, non seulement culinaires, mais aussi culturelles, et on pourrait même dire existentielles. L’audace et l’esprit d’entreprise se manifestent sous la forme de bars à vin modernes, de séjours dans des structures médiévales et de distilleries de gin dans la région de Renchtal, où plus d’un millier de distilleries se consacrent uniquement à l’eau-de-vie de fruits.
Viktoria Fuchs est un excellent exemple de cette modernisation de la Forêt-Noire : la chef fait partie des nombreux jeunes professionnels désireux d’insuffler de la vitalité dans sa maison, mais sans détruire l’ancien. Il fait partie de cette génération partie et maintenant revenue. Ils sont créateurs, entrepreneurs, professionnels de l’hôtellerie et de la gastronomie, ils viennent de partout, de Lörrach, à la frontière avec la Suisse, à Pforzheim, au nord, mais ils ont tous un point commun : l’envie d’apporter leur lumière au silva noireque les Romains ont baptisé du nom des ombres projetées par ses bosquets il y a plus de 2 000 ans.

