Ce contraste est peut-être l’un des grands luxes de l’expérience, pouvoir entrer et sortir du Grand Prix comme bon vous semble. Plongez dans la chaleur de Monaco puis regagnez le bateau comme si vous fermiez la porte d’un autre monde. Sur terre, la Principauté est parée pour ce qui s’en vient, avec des rues fermées, des check-points, des terrasses pleines (très pleines) et des supporters portant les t-shirts de leur équipe préférée. À bord, cependant, le temps semble s’étirer. Il y a des petits déjeuners tranquilles, des cafés en bord de mer, des piscines à débordement, des couchers de soleil de carte postale et ce sentiment rare de savoir que l’on vit l’expérience sous un angle privilégié.
Monaco a toujours su jouer ça, faire cohabiter ce qui semble impossible dans très peu d’espace. Un petit pays qui porte pendant quelques jours le poids symbolique de tout un sport mondial. Son circuit urbain, d’une grande importance historique car unique en son genre en vigueur aujourd’hui, ne semble pas avoir été conçu pour la Formule 1 moderne et c’est précisément pourquoi il continue de se présenter comme irrésistible. Depuis son inauguration en 1929, le parcours monte vers le Casino, descend par le tunnel du Larvotto pour longer la Méditerranée et revenir au port entre des murs, des stands improvisés sur les balcons et une grande marée de supporters partout où le regard se porte. Sa difficulté évidente, due au caractère sinueux et à l’impossibilité de dépasser, cohabite avec une mise en scène d’un glamour extrême qui affiche une chorégraphie parfaitement répétée entre mer, asphalte et beaucoup d’opulence.
Le samedi fonctionne comme un prologue. Le matin, comme à de nombreux autres moments de cette expérience, le navire accueille des présentations avec Mika Häkkinen et David Coulthard, deux des noms les plus illustres de la Formule 1. Vient ensuite l’accès au Paddock Club, cette autre scène où la Formule 1 cesse d’être un sport pour devenir un spectacle. Hôtellerie, équipes, mode, célébrités, écrans, Champagnedes accréditations qui traînent autour du cou et un curieux mélange de précision technique et de vie sociale sous haute tension.
