Sade, la bande originale du lent voyage

Un soir d’euphorie estivale, j’ai décidé de m’y rendre à vélo. À ma grande consternation, le monument était non éclairé et en construction. Et si je ne parvenais jamais à voir sa véritable échelle de mes propres yeux ? Et si cela signifiait une malédiction pour mes futures romances ? Et si, par magie, il s’effondrait en mon absence ?

Au fil du temps j’ai compris que tous les destins ne sont pas faits pour être conquis du premier coup, que l’urgence peut attendre. C’est peut-être pour cela que Sade me semble être la bande-son parfaite pour ceux qui voyagent sans montre : parce que, parfois, arriver plus tard est aussi une façon d’arriver à l’heure.

Des îles Canaries au Mexique en passant par Sade

La musique de Sade est un calme rythmique, une pure sérénité rythmique ou ce que l’on appelle communément aujourd’hui la néo soul. Ses paroles sont sincères et intimes ; sa voix veloutée et élégante ; et le son – mention spéciale au saxophone de Stuart Matthewman –, aussi pur que minimaliste.

Née au Nigeria et élevée dans l’Essex, Helen Folasade Adu, connue artistiquement sous le nom de Sade, est la star d’un groupe qui ne perd pas son éclat : avec le claviériste Andrew Hale, le bassiste Paul Spencer Denman et le saxophoniste Stuart Matthewman, elle a été intronisée en avril dernier au Rock & Roll Hall of Fame.

Et les raisons ne manquent pas, car depuis plus de quatre décennies, Sade fusionne jazz, soul et R&B pour offrir au public un son authentique, intemporel et extrêmement captivant. Ses six albums –La vie du diamant (1984), Promesse (1985), Plus fort que la fierté (1988), Amour Deluxe (1992), Rocher des amoureux (2000) et Soldat de l’Amour (2010) – sont des reliques que tout amateur de vinyle souhaite ajouter à sa collection.

Choisir un favori est aussi compliqué que de répondre à la question de voyage la plus compliquée : « Quelle est la meilleure destination que vous ayez visitée ? Cela dit, Rocher des amoureux Il a une influence reggae captivante : son titre lui-même fait référence au sous-genre du même nom, apparu dans les années 70 en réponse aux besoins de la diaspora caribéenne à Londres. Leurs rythmes chaleureux, accompagnés de sensations brutes, ont valu la fidélité éternelle des fans.