L’enthousiasme contagieux du restaurant D’Leria

Oublions un instant l’emballage des grands temples de la gastronomie, tout ce qui entoure souvent ce qui arrive à table et qui nous fait parfois perdre de vue que ce qui compte vraiment, c’est ce qui est sur la table. l’assietteest l’ambiance et C’est avant tout que tout va bien.

Chez D’Leria les choses s’emboîtent dans leur simplicitédans son manque de prétention. Dans son immédiateté. Il n’y a pas d’artifices, il n’y a pas de discours et il n’y a pas de supercherie. Il ne reste que l’ancien bar que le couple s’est approprié, cuisine savoureuse qui échappe aux complications inutiles et à la mer, avec l’ancienne forêt de l’île passant par la fenêtre.

Il y a aussi, bien sûr, une cuisine que ça vaut le coup, atlantiquemarin, trempé dans le salpêtre, mais jamais d’actualité. Une cuisine simple, avec peu de gestes, basé sur un produit reformulé, qui est présenté de manière différente, mais qui conserve toute son essence. Une cuisine en adéquation avec le lieu et son caractère. De Leria, ne l’oubliez pas, signifie en galicien quelque chose comme parler ou bavarder, mais aussi, d’une certaine manière, agitation, brouhaha, agitation…

Il est facile d’arriver, de se laisser aller et de finir par ressentir, comme on dit, un en lisantpartie de un environnement qui échappe à la rigidité ce qui est si souvent imposé dans les restaurants haut de gamme. C’est facile à faire contre des morsures comme fleur de calamar à l’aïoli ou le crabe de bœuf de mer à la crème de maïs qui ouvre le menu et qui, en quelque sorte, vous explique de quoi il s’agit : ici on parle de la mer, de son garde-manger et de la cuisinemais d’une autre manière, sans autre prétention que de jouir en faisant jouir.

Maquereau mariné, parce que les humbles poissons sont parfois une grande surprise. arrive emballé dans une crème d’oignononctueux et avec une saveur profonde qui l’enveloppe, qui l’habille et qui d’une certaine manière le rapproche d’un saorle cornichon aigre-doux dans lequel l’oignon est indispensable, traditionnel à Venise.

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Désormais, en hiver, le œuf ce qui est proposé dans un bouillon dashi avec la crème de céleri-rave, c’est presque comme une couverture que quelqu’un place autour de vos épaules devant une cheminée. Vous vous sentirez comme chez vous.

Des poivrons farcis, mais autrement: une béchamel de moules, un des produits emblématiques de cette zone du littoral, sous une gelée de poivre c’est fini avec une mousse de piparias. Fabes aux tripes de morue pilpille souvenir d’une vie à la cuillère, mais là, au fond, il y a une touche de taupe mexicaine, chargé d’arômes grillés, de noisettes et de piment, qui transforme tout en quelque chose de nouveau. Comme la lotte, proposée dans une pepitoria et accompagnée de choux sautés, une association inédite autour d’un produit familier. Il n’en faut pas beaucoup plus pour se façonner sa propre cuisine, différente et appétissante.