Cédez le passage dans les rues. Saluez-vous pour le simple fait de vous croiser. emménager patelle —le nom sous lequel l’emblématique Piaggio Ape à trois roues est connu en Sicile—. Voyager à Stromboli, c’est revenir à un temps suspendu, où la vie avance à un rythme différent. Un lent. De quoi se rappeler ce que signifie être en vacances.
Loin du bruit. Proche de l’essentiel. Avec une nature intacte, des eaux incroyablement bleues, des plages de sable noir et, surtout, iddu. En dialecte sicilien, cela signifie simplement « Il ». C’est ainsi que les habitants de l’île appellent le volcan, avec un mélange de respect, de familiarité et de résignation. Parce qu’ici, tout tourne autour de vous.
Il existe une expression locale qui résume mieux que toute autre sa présence imposante : « Tournez-vous, votez et furrìa, iddu sempri talìa ». Où que vous alliez, il est toujours là et vous regarde. Beau. Majestueux. Imprévisible. Incessant.
À Stromboli, toutes les histoires commencent ou se terminent dans le volcan. Ce n’est pas n’importe qui. Elle respire depuis des milliers d’années avec une régularité si caractéristique que la volcanologie a fini par donner son nom à un type d’éruption : l’activité strombolienne. Ses explosions, brèves et constantes, font partie du paysage sonore de ce coin des îles Éoliennes au même titre que le murmure de la mer ou le vent qui secoue les bougainvilliers.
Sa silhouette est marquée par un cône sombre qui se jette dans la Sciara del Fuoco, la grande cicatrice de lave noire qui tombe dans la mer Tyrrhénienne. C’est sur cette pente que descendent les cendres, les lapilli et les coladas quand iddu exige toute l’attention. L’observer depuis un bateau au coucher du soleil est l’une des images les plus époustouflantes de l’archipel. Mais il existe une autre façon d’approcher le volcan. Des excursions guidées vers ses belvédères, dont beaucoup à la tombée de la nuit, permettent d’observer de près cette scène en constante transformation et d’assister au spectacle des explosions sous un ciel complètement étoilé.
Sur cette île magnétique, tout finit par mener à iddu. Les mythes aussi.
Bien avant que les géologues n’expliquent leur comportement, ces côtes étaient connues comme le royaume d’Éole, le dieu des vents. Dans la chanson X de L’OdysséeHomère situe ici la demeure du souverain capable de les emprisonner ou de les libérer au gré de Zeus. La légende raconte qu’il aurait appris à interpréter le temps en observant les panaches de fumée s’élevant du cratère. Il est difficile d’imaginer un meilleur observatoire. Aujourd’hui encore, il est inévitable de regarder vers le sommet pour deviner ce que fait le volcan.