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Les débuts de Belleville
Savies, le Belleville ancestral, était une demeure rurale
appartenant au domaine royal. Ces terres furent distribuées
au fil du temps aux différentes congrégations
religieuses afin de subvenir aux besoins de personnes dont elles
avaient la charge. Les bourgeois de Paris y construisent leurs
maisons de campagne dans les localités connues sous les
noms de « la Courtille », le « Fief des Bruyères
», et « Mesnil Mautemps ». Pendant ce temps,
les carrières des Buttes-Chaumont entraînent un
accroissement de la population ouvrière.
Au XIIe siècle apparaît le village de Poitronville
caractérisé par ses prairies, ses vignes et ses
sources qui alimentent les fontaines de Paris. Poitronville
est largement détruite par la Guerre de Cent ans et connaît
une période de décroissance suite aux épidémies
et une main-duvre réduite. Afin dinciter
les cultivateurs à rester, des terres seront distribuées,
la dîme réduite et les taxes foncières exemptées.
Le nom de Belleville apparaît au XVème siècle
et le village connaît une période de prospérité
jusquà la Guerre de Religion. La position stratégique
du village le rendant particulièrement vulnérable,
il a été largement détruit.
Période de croissance
Une période de reconstruction et de croissance suivra.
La population est en grande majorité des laboureurs et
des vignerons. Les nombreux lotissements de terre permettent
une diversité de produits récoltés. On
y voit cultiver lasperge, lorge, le froment, lavoine,
le seigle, le pois, les fèves, les haricots, les choux,
les fraisiers, et autres arbres fruitiers.
Les jardins de Belleville sont réputés à
Paris pour la qualité de leurs produits. Grâce
à lactivité agricole, de nombreux métiers
artisanaux et de commerces apparaissent.
Suite à lordonnance de Louis XV en 1728 autorisant
les bourgeois à bâtir dans les banlieues immédiates,
le bourg de Belleville devient de plus en plus résidentiel.
Ce nest quen 1730 lorsque la Ville se charge de
paver la Grandrue (rue faubourg du temple et rue de Belleville),
rendant son accès plus facile, que Belleville est côtoyé
par les habitants de Paris.
Le XVIIIeme siècle connaît lessor des cabarets
et guinguettes de la « Courtille » dit le royaume
du vin, exemptés des taxes parisiennes. Comme le décrit
Emmanuel Jacomin dans Histoire de Belleville, « en nul
autre endroit de Paris et de banlieue on ne vit jamais tant
festiner, banqueter, gobeloter, biberonner, caqueter, raqueter,
taroter, chanter, danser, cotilloner, bref, pour tout dire en
un mot alors très en vogue : ramponner, car le roi de
la Courtille, cétait Jean Ramponneaux (cabaretier
du Tambour Royal) ».
Belleville révolutionnaire
Lorsque les autorités civiles et religieuses tentent
la fermeture forcée dominicale des cabarets, un vent
de contestation souffle sur Belleville et samplifie avec
la construction de lenceinte des Fermiers Généraux
en 1787 : un mur de quatre mètres de haut coupant en
deux le quartier de la Courtille. Certains cabaretiers se retrouvent
Parisiens et contraints à payer les taxes sur le vin.
Les habitants de la Courtille deviennent contrebandiers. Belleville
soutient alors les Républicains et la révolution
en créant des clubs politiques jacobins.
Pendant la période du Premier Empire, la mise en lotissement
de domaines danciennes congrégations rendent le
commerce et lindustrie très actifs à Belleville:
des fabriques de boutons, cuirs, vernis, allumettes, etc. sinstallent.
Des ouvriers et artisans de toutes corporations viennent de
Paris et de la province. Entre 1835 à 1845 la population
de Belleville passe de 8 000 à 35 000 personnes. Lexplosion
de la population nétant pas prise en compte dans
la planification urbaine ou laménagement y rendent
les conditions de vie misérables. Belleville est à
la pointe du combat contre linjustice sociale.
Déçus par les promesses de la Révolution,
les Bellevillois se rassemblent dans des clubs républicains
et des sociétés de secours mutuelles dans le but
daméliorer la condition ouvrière. Des «
ateliers nationaux » sont ouverts à la demande
du gouvernement provisoire, 2500 ouvriers retrouvent du travail.
Cependant, la demande de travail est supérieure aux postes
disponibles (5 000 ouvriers) et les ouvriers se révoltent.
Suite à la Révolution de Février et lInsurrection
de Juin 1848 et les épidémies de choléra,
la croissance de la population de Belleville sarrêta.
La Belle Epoque
Cest lors des travaux daménagement de Haussmann
à Paris, que Belleville retrouve sa croissance. Attirés
par le bas prix de loyers et les possibilités de travail
dans les fabriques, les gens pauvres chassés de la capitale
viennent à Belleville. Pendant cette ère industrielle
Belleville sera peuplé en grande majorité par
des ouvriers et artisans, dont le tiers était des femmes.
Emmanuel Jacomin note sur les 20 000 habitants formant la population
active :
200 agriculteurs,
6 000 travailleurs dans lhabillement,
2 000 dans le bâtiment et le meuble,
1 500 dans les industries de luxe,
1100 dans les transports,
1200 dans les industries du livre et des arts,
1300 domestiques,
2000 dans ladministration, professions libérales
ou artistiques.
Belleville grandit et passe de 45 000 habitants en 1853 à
plus de 100 000 en 1870.
Belleville annexé
En 1860, Belleville est annexé à Paris. Lannexion
est mal perçue à ses débuts : la division
en deux arrondissements cause de grands déplacements
pour effectuer les démarches administratives. De plus,
les taxes et impôts sont plus élevés. En
conséquence, beaucoup de commerçants et artisans
quittent Belleville pour sinstaller au-delà des
fortifications de Paris.
Mais Belleville réussit à conserver son âme
de village. Des fêtes y sont régulièrement
organisées et contribuent à alimenter la caisse
des écoles. Son esprit révolutionnaire est toujours
aussi présent : dans les années 1870, les anciennes
sociétés de résistance et de chambres syndicales
sont reconstituées. A la même époque où
les lignes de métro sont raccordées à Belleville,
lindustrie cinématographique se développe
sous légide de Léon Gaumont.
Belleville au 20e siècle
Au 20e siècle, Belleville devient un point de chute pour
les immigrés attiré par lactivité
économique : à tour de rôle sinstallent
les Arméniens (1918), les Grecs (1920), les juifs allemands
fuyant le Reich hitlérien (1933), les Espagnols (1939),
les Algériens et Tunisiens juifs (1960), africains dAfrique
Noire et asiatiques (1980. Les réseaux socioprofessionnels
relativement rapprochés entre les nouveaux habitants
et les anciens assurent une intégration rapide au microcosme
bellevillois.
Même en sétendant sur quatre arrondissements
(XIXe, XXe, XIe, Xe) Belleville continue à garder son
âme de village, riche dHistoire et de diversités
culturelles. Les métiers dartisans et commerçants
sont toujours présents comme le confirment les ateliers
dartistes, les commerçants des métiers de
bouche et autres commerces dantan.
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Croisement Rue des Pyrénées
et Rue de Belleville
Croisement Rue de Belleville
et Avenue Simon Bolivar
Montée du Funiculaire
Rue de Belleville
Croisement Rue de Belleville
et Rue de la Villette
Passage du Funiculaire
Rue de Belleville
Eglise St Jean Baptiste
de Belleville
Haut de la Rue de Belleville,
Prise de l'église
Place de l'église
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Références
Jacomin (E), Histoire de Belleville, Paris,
éd Henri Veyrier, 1975
Lépidis (C), Belleville, mon village, Paris, éd
Henri Veyrier, 1975
Bellevile, belleville : visage dune planète, Paris,
éd Créaphis, 1994
Autres livres sur Belleville
Bloit (M), Moi, Maurice, Bottier à
Belleville, éd LHarmattan
Patrick Simon, Claude Tapia, Le Belleville des juifs tunisiens,
Autrement, Paris, 1995.
Liens sur Belleville
http://www.parisbalades.com/Cadres/cadres20belleville.htm
http://www.maisondesmetallos.org/temp/article.php3?id_article=40
http://www.centre-social-belleville.ouvaton.org/quartier.php |
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